Communications publiques sur le suicide : quelles pratiques la science recommande-t-elle?

Il n’existe aucune ligne de conduite qui fasse consensus sur les pratiques à adopter ou à éviter en matière de communication sur le suicide (Mishara et Dargis, 2019). 

La majorité des organisations de prévention du suicide et des études recensées s’entendent toutefois sur certaines pratiques à éviter. Ainsi, dans toute communication publique sur le suicide, on doit éviter de :

  • Glorifier le suicide ou lui donner un aspect romantique;
  • Dire que le suicide est fréquent dans certaines circonstances;
  • Décrire les méthodes utilisées pour se suicider;
  • Dire que le suicide est inexplicable ou donner des explications simplistes.

Les organismes impliqués en prévention du suicide diffusent régulièrement des messages auprès de la population générale. Ces messages peuvent viser à informer, sensibiliser, prévenir le suicide et inciter les personnes ayant des idéations suicidaires à demander de l'aide. 

La plupart des études cherchent à démontrer l’efficacité d’une campagne de sensibilisation, qui inclut entre autres des pratiques de communication sur le suicide dans l’espace public. Il s’agit donc de s’assurer que la communication est efficace et d’éviter des effets négatifs associés à ces messages (effet d’imitation ou de contagion, stigmatisation, désinformation).

Comment interpréter ces résultats?

Les études ne s’entendent pas sur les meilleures pratiques de communications publiques sur le suicide. Mishara et Dargis (2019) rapportent que des pratiques recommandées dans certaines études étaient déconseillées dans d’autres.

Par ailleurs, aucune des recommandations formulées dans les études n’est justifiée par des données empiriques. Les recommandations sont donc à considérer comme des suggestions plutôt que comme les meilleures pratiques basées sur des preuves scientifiques (Mishara et Dargis, 2019, p.150). En d’autres termes, il n’existe pas de preuve que des pratiques de communication sur le suicide sauvent des vies. Toute personne qui communique sur le suicide dans l’espace public doit donc faire preuve d’une grande prudence. 

Enfin, il est possible que les pratiques de communications publiques sur le suicide fassent plus consensus que ce qu’il n’y parait dans la littérature. Par exemple, certaines pratiques pourraient être mises en œuvre par un organisme, mais ne pas être mentionnées dans l’étude produite par cet organisme. 

D’où proviennent ces informations?

Ces informations proviennent d’une recension des écrits et données scientifiques, outils, guides et ressources sur la communication sécuritaire à propos du suicide dans les communications publiques. Le domaine du journalisme n’est pas abordé dans la recension.

Réalisée par l’équipe du CRISE sous la direction de Brian Mishara, cette recherche a analysé tous les documents, ressources et guides de pratique publiés dans les 15 dernières années, en anglais et en français, au Canada et ailleurs dans le monde. L’étude a été financée par le Centre de promotion de la santé de l’Agence de santé publique du Canada.
 

Pour citer

CRISE (2019, 28 nov.). "Bonnes pratiques de communications publiques sur le suicide". Prévention du suicide: synthèses de connaissanceshttps://comprendrelesuicide.uqam.ca/fr/connaissance/bonnes-pratiques-de-communications-publiques-sur-le-suicide